Réseau de l'économie Sociale et Solidaire de la Sexualité
Ce que dit l'OMSL'Organisation mondiale de la santé décrit la sexualité comme un aspect central de l'être humain, présent tout au long de la vie.
Notre lectureNous assumons d'aller plus loin que la définition : ce qui traverse chaque personne ne peut pas être laissé au seul marché. C'est un bien commun, et il revient à toutes et tous d'en décider les conditions.
La sexualité traverse le corps, l'économie et le pouvoir — l'ESS n'a pas osé s'en mêler jusqu'à maintenant.
RESS rassemble celles et ceux qui veulent une économie de la sexualité sociale et solidaire : pensée en dehors du seul profit et mise au service de la société.
L'économie de la sexualité, c'est la manière dont une société organise tout ce qui touche à la sexualité : ce qui s'y produit, s'y échange, s'y vend, s'y transmet et s'y régule.
Du grec ancien : administrer, gérer. Soit, littéralement, la façon dont on organise une ressource commune.
Selon l'Organisation mondiale de la santé, la sexualité est une dimension inhérente à l'être humain, présente tout au long de la vie.
Elle irrigue notre société bien au-delà de l'intime : à travers les stéréotypes qu'elle façonne, la notion de consentement qu'elle interroge, les rapports de pouvoir qu'elle révèle.
L'économie de la sexualité génère l'un des plus gros flux économiques d'Internet. Elle est pilotée par une poignée d'acteurs qui n'ont jamais eu à rendre de comptes sur l'humain.
Elle obéit à une seule logique, celle du profit et de l'attention, dans un domaine où les dégâts qu'elle produit sont largement documentés.
→ Voir ce que nous exigeonsFace à ce diagnostic, l'économie sociale et solidaire (ESS) a su se structurer en filières dans presque tous les autres domaines de la vie — alimentation, santé, logement, culture. Une approche sociale et solidaire de l'économie de la sexualité, c'est :
Remettre l'humain et l'intérêt général au cœur d'un secteur qui les a trop longtemps laissés de côté.
Concrètement : une finalité sociale, une gouvernance partagée, et des bénéfices qui ne vont pas qu'aux actionnaires.
Documenter un secteur qui reste l'un des moins étudiés — et des moins régulés — de notre époque.
Il n'existe pas de chiffres qui rendent ce secteur visible, ni ses problèmes propres. Sans données, pas de politique publique : c'est un premier chantier du réseau.
Donner de la visibilité aux acteurs qui appliquent déjà, sans toujours le nommer, les principes de l'ESS dans ce secteur.
Associations de terrain, sex-shops éthiques, productions indépendantes, chercheuses et chercheurs : beaucoup travaillent déjà autrement, mais restent isolés.
Une entreprise minière défigure une montagne. La montagne est un bien commun : l'entreprise paie le coût environnemental et répare.
C'est le principe de réparation, ou « pollueur-payeur ». Personne n'y voit de la morale : c'est de la justice économique.
Une industrie tire un profit massif de la sexualité, un bien commun, et en laisse les dégâts à la société. Même logique : qui profite répare.
Violences banalisées, éducation à la sexualité sous-financée, associations en précarité : la facture existe déjà, mais ce n'est pas celle qui en tire profit qui la paie.
Les sites « tubes » diffusent des vidéos gratuites en masse pour capter du trafic. Beaucoup de monde passe par là, y compris des mineurs.
Les revenus viennent de la vente d'espaces publicitaires. Les plateformes ne produisent plus les vidéos : elles se présentent comme de simples intermédiaires, donc sans responsabilité sur le contenu. C'est ce qu'on appelle l'« uberisation ».
Pour garder l'attention, il faut toujours du nouveau, et le nouveau devient plus violent. Le Sénat parle d'une industrie « aveugle » au contenu diffusé, par recherche du profit à tout prix.
Le marché est dominé par un oligopole, avec des structures juridiques complexes et délocalisées. Poursuivre est difficile, et l'État reconnaît que la protection des mineurs reste loin d'être effective.
Uber ne possède pas de taxis et n'emploie pas ses chauffeurs : il met en relation. Les grands sites pornographiques ont fait la même chose.
3 à 7 € financés pour 100 € de dégâts.
Fondation des Femmes, 2023. Côté éducation à la sexualité : moins de 15 % des élèves bénéficient des séances prévues par la loi de 2001 (CESE, 2024).
Une contribution de l'industrie pornographique, fléchée vers la sensibilisation à la sexualité.
Ce n'est pas sans précédent : une loi de 1975 avait déjà instauré une taxation des films pornographiques. Le dispositif reste à construire avec les acteurs du réseau : assiette, plateformes basées à l'étranger, gestion des fonds.
Ce n'est pas la pornographie en soi qui est en cause. C'est une sexualité gérée au seul service du profit. Il existe, et il peut exister davantage, une pornographie en accord avec une sexualité fondée sur le consentement et le bien-être. L'ESS peut aider à la faire exister.
Associations et structures d'éducation à la sexualité, de prévention, de défense des droits et d'accompagnement, qui font ce travail sur le terrain — souvent avec de moins en moins de moyens pour le faire.
Entreprises de l'ESS actives dans la sexualité — sex-shops, marques, productions — qui choisissent des matériaux sains, une gouvernance solidaire et une part de leurs bénéfices redirigée vers l'intérêt général.
Chercheuses, chercheurs, juristes et professionnel·les de santé qui documentent ce secteur, et dont le travail manque aujourd'hui cruellement de relais institutionnel.
RESS veut faire circuler les travaux et encourager les axes de recherche qui nourrissent les politiques publiques du secteur. Une bibliothèque de ressources académiques est en préparation.
Vous connaissez sûrement une épicerie solidaire, un café associatif, une coopérative de réparation de vélos.Mais un sex-shop de l'économie sociale et solidaire — en avez-vous déjà vu un ?
Il en existe un : Les 3 Oui, à l'origine de l'initiative de se mettre en réseau et de créer RESS.
Association, entreprise, chercheur·se, ou simplement acteur engagé pour une sexualité pensée hors du seul profit — prenez contact, le réseau se construit avec vous.
Chaque collège garde son autonomie : rejoindre RESS n'oblige personne à être publiquement associé aux autres membres.